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L'éthologie


L'éthologie 
La place de l'éthologie dans l'activité de comportemantalites


L'activité de comportementaliste ne repose pas uniquement sur l'intuition de celui qui la pratique. Des connaissances théoriques sont également nécessaires pour aborder cette activité de manière sérieuse. Dans cet aspect du métier de comportementaliste, les sciences humaines et animales, et  l'éthologie en particulier apportent énormément au praticien réflexif que je suis.

En effet, s'il est vrai que les éthologistes apprennent certainement beaucoup, des femmes et hommes qui côtoient les animaux tous les jours, comme nous le rappellent, Vinciane Despret et Jocelyne Porcher, dans leur ouvrage Etre Bête (Éd° Actes Sud, 2007). Il n'en reste pas moins que ces scientifiques, contribuent eux aussi à une meilleure connaisance de l'animal et de la relation que nous entretenons avec eux. C'est ce savoir qu'il nous offre et que les comportementalistes utilisent dans leur pratique.

Il est dommage aujourd'hui de voir que le terme éthologie est utilisé pour qualifier des pratiques qui sont simplement du dressage et qui n'ont rien à voir avec la recherche scientifique.
J'aimerais être de ceux qui par un travail de vulgarisation, rigoureusement mené, permettent de mettre à disposition du plus grand nombre, les apports de l'éthologie.


Voici une vidéo qui vous en dira un peu plus long sur ce que peut nous apprendre l'éthologie de notre relation avec nos animaux familiers.


Source audio d'après conférence d'Élisabeth de Fontenay ENS :
 ”
De l'animal à l'humain



Je vous ai également fait une copie du texte paru dans le bulletin interne de la Société Française pour l'Étude du Comportement Animal de décembre 2004 et qui donne une bonne idée des dérives possibles de l'abus qui est fait du terme éthologie.

L’AFFAIRE « EQUITATION ETHOLOGIQUE »
L’une de nos adhérentes, Danièle Gossin, nous a alertés sur le fait que le monde du cheval utilise de façon grandissante le terme d’équitation éthologique pour désigner les pratiques empiriques de ceux qui préconisent des méthodes « naturelles » de dressage. S’il s’agissait seulement d’une traduction abusive du terme américain natural horsemanship, la caravane scientifique pourrait passer sans s’émouvoir des cowboys qui « chuchotent » à si grand bruit à l’oreille des chevaux. Mais c’est maintenant la Fédération Française d’Equitation qui met en place des brevets d’équitation éthologique. Ceux-ci comportent plusieurs degrés attribués à la suite d’un enseignement délivré par des personnes n’ayant reçu aucune formation à l’éthologie.

 

Le bureau de la SFÉCA a consulté ceux d’entre nous qui sont engagés dans l’étude du comportement des chevaux (Marie-France Bouissou, Claudia Feh, Martine Hausberger). Après discussion et vote lors de l’assemblée générale 2003, il a été décidé que le président de la SFÉCA adresse aux responsables de la fédération ainsi qu’à la rédaction des principales revues d’équitation un courrier libellé dans les termes suivants :

« Je vous écris au nom de la communauté des éthologistes français pour attirer votre attention sur l’usage erroné qui est fait de notre science dans le monde du cheval. Nous constatons une tendance croissante à utiliser le terme d'éthologie dans des contextes non appropriés, et cela souvent à des fins commerciales. Cet usage incorrect se voit relayé par les médias, ce qui ajoute encore à une confusion à laquelle nous ne souhaitons pas être associés.

Le statut d’éthologiste requiert une formation et des connaissances spécifiques sur le comportement animal. Nous souhaitons que les termes d'éthologie et d'éthologiste soient réservés à la discipline scientifique et aux personnes qui auront reçu un enseignement dispensé par un encadrement scientifique. Il est abusif de parler d'équitation éthologique, de stages d'éthologie ou de formation à l'éthologie pour désigner des stages d'équitation encadrés par des dresseurs ou des enseignants diplômés d'équitation, ceci ne préjugeant en rien de leurs qualifications dans leur domaine de compétence propre.

Une authentique formation à l'éthologie représente une aide précieuse pour aborder le travail avec l'animal. Il serait malheureux que l’éthologie ne soit mentionnée que pour servir de caution scientifique à des discours qui ne reposent sur aucune connaissance éthologique. Nous souhaitons mettre fin à la désinformation qui règne autour du comportement du cheval. Notre communauté se tient à votre disposition pour tout renseignement complémentaire. »

Si la fédération d’équitation n’a pas modifié ses plans, cinq des journaux contactés on publié notre lettre, suscitant des commentaires qui témoignent d’une prise de conscience du caractère trompeur de l’appellation « équitation éthologique » et de la distinction à établir entre pratique empirique et connaissance scientifique. Le ministère de la jeunesse et des sports s’est également manifesté ; le responsable du Bureau des Métiers, des Qualifications et des Diplômes s’est adressé à notre association pour que soient mis en place des stages de formation destinés à ceux qui sont chargés de former les moniteurs d’équitation. Malheureusement, cette intention ne s’est pas concrétisée. Martine Hausberger avait proposé, sur notre demande, de développer les stages d’éthologie du cheval assurés par son équipe, dans le sens désiré par le ministère, mais personne n’a donné suite.

Ce qui est en jeu est la reconnaissance même du titre d’éthologiste. Il n’est pas nouveau que des pratiques empiriques se parent des habits de la science. Beaucoup parmi ceux qui traitent des troubles du comportement animal, par exemple, se décernent le titre d’éthologue sans avoir jamais ouvert un livre d’éthologie. D’autres disciplines comme la psychologie sont confrontées depuis longtemps à des problèmes du même ordre. Définir et faire accepter un certificat d’aptitude à la profession d’éthologiste devrait constituer une tâche prioritaire de la SFÉCA pour les prochaines années.

Dans l’immédiat, nous devons continuer à diffuser nos connaissances et mieux faire connaître l’éthologie pour lutter contre les contrefaçons. A cet égard, la publication par nos collègues Michel-Antoine Leblanc et Marie-France Bouissou d’un excellent ouvrage consacré à l’éthologie du cheval constitue la meilleure des réponses

 

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