Le jeu animal
Un aperçu des relations ludiques avec le chien et le chat
"La notion du jeu comporte en soi la meilleure synthèse de croyance et de non-croyance"
Johann Huizinga, Homo Ludens, 1938.
L'observation d'un chat qui joue avec une pelote de laine ou d'un groupe de chiens pris dans une partie de course poursuite ludique procure généralement
pour l'observateur un certain plaisir. Il en va de même quand nous choisissons de jouer avec notre velus, que celui-ci soit un chat ou un chien.
Ces situations de jeu observées ou partagées sont intéressantes parce qu'elles procurent du plaisir. Elles le sont également par les questions qu'elles suscitent.
Cet article va proposer quelques pistes de réflexions autour de ces interrogations :
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Qu'est-ce que le jeu ?
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A quoi sert-il ?
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Pourquoi les animaux jouent ?
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De quelle manière jouent-ils ?
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Comment jouer au mieux avec son chien ou son chat ?
Qu'est-ce que le jeu ?
Sous une apparente simplicité se cache une richesse d'expression
Les discussions entre spécialistes sur le sujet du jeu sont encore trop nombreuses aujourd'hui pour avoir l'audace de proposer une définition précise de
cette notion complexe. Heureusement il existe tout de même quelques pistes intéressantes pour permettre d'avoir une meilleure compréhension de ce qui se cache derrière la
notion de jeu.
Voici donc quelques pistes de compréhension de ce que sont les activités ludiques chez les animaux. Peut-être y trouverez vous matière à imaginer et à enrichir
votre relation avec vos compagnons canins ou félins. Il ne vous restera qu'à créer les jeux qui vous donneront la possibilité de vivre avec vos velus de bons moments de plaisir partagé.
Pourquoi les animaux jouent ?
Le jeu et les comportements ludiques sont une caractéristique des plus jeunes
Le plaisir suscité par l'observation d'un groupe de chiots ou de chatons qui jouent est particulièrement révélateur de l'aptitude des jeunes animaux à se livrer à
des comportements ludiques.
La psychologue Millar (2002) souligne que "Pour les mammifères, on note généralement davantage de jeu chez les jeunes animaux que chez les vieux"
(p.88). Elle précise également que :
"Plus les animaux s'élèvent sur l'échelle de l'évolution, plus leur enfance est longue ; c’est la période au cours de laquelle ils sont protégés et leurs
besoins sont satisfaits par les adultes. Le fait qu'ils n'aient rien d'autre à faire est souvent considéré comme la condition la plus importante pour le jeu" (2002, p.86).
Le jeu est une caractéristique de nos animaux familiers
De tous les animaux, les chiens et les chats sont ceux qui nous donnent le plus souvent à voir l'étendu de leurs comportements ludiques. Ils jouent à tous les
âges de leur vie.
Les conditions que nous offrons à nos velus ne sont sans doute as étranger à leur propension à jouer seuls, entre eux ou avec nous. En effet, à nos côtés ils
n'ont pas le souci de trouver leur nourriture. En outre, leur quotidien se réalise dans des environnements relativement protégés qui garantissent leur besoin de sécurité. En somme, nous
offrons à nos compagnons des conditions de vie confortables et favorables qui augmentent du même coup les possibilités d'activité ludiques et le temps à y consacrer.
Cette proposition rejoint l'analyse de Millar1 (2002) à propos des animaux domestiques quand elle
explique, en s'appuyant sur l'exemple d'une observation faite sur un groupe de vache, que :
"Une bonne nourriture, un bon climat et toute modification de l'environnement telle que l'arrivée du soigneur, la présence de quelqu'un qui court à côté, le
fait d'être câliné, le fait qu'on [les vaches] leur gratte les endroits qui les démangent, favorise le jeu" (p.87).
Sans doute ne faut-il pas non plus négliger nos propres attentes à l'égard de nos animaux familiers. Le fait d'inciter notre chien ou notre chat à jouer,
conditionnent dans une certaine mesure, l'activation et le maintien de leurs comportements ludiques. Mais ne partageons-nous pas notre vie avec un chien et/ou un chat pour
le plaisir qu'il nous procure à jouer avec lui ?
Cette question reste bien entendu ouverte, même s'il ne serait pas étonnant que beaucoup de propriétaires de chien ou de chat se
reconnaissent dans cette attente. C'est d'ailleurs ce qui transparait dans l'étude2
de l'éthologue Descamps (2006) dans laquelle elle propose une analyse de ce quelle nomme la relation "zooludique" entre
l'animal et l'enfant.
Le jeu : c’est utile
Pour le jeune animal comme pour l'adulte, le jeu doit être particulièrement utile pour si risquer avec autant d'énergie.
Le jeu et les comportements ludiques (courir, sauter, bondir, ...) qui y sont associés conduisent à une grande dépense d'énergie. A cela s'ajoute une prise de
risque non négligeable, notamment dans ce que les éthologues nomment les combats ludiques.
Se blesser ou se retrouver face à un danger font partis du jeu. Il est difficile dans ces conditions de penser que le jeu est futile. Au contraire, les
activités ludiques doivent avoir une certaine utilité pour que nos chiens et nos chats si livrent avec autant de passion et d'entain.
Le jeu : c’est apprendre
Quand on observe des chiots ou des chatons jouer, on remarque aisément qu'ils utilisent des comportements identiques à ceux des adultes. Ils bondissent, ils
courent ou encore, ils émettent des vocalises. Tout semble fait dans le jeu pour permettre au plus jeunes de tester la panoplie du répertoire comportemental propre à leur espèce.
Le jeu a donc probablement, en autre fonction, celle de permettre au jeunes animalux de découvrir, d'exercer et d'affiner leurs capacités. Le jeu est également un
formidable moteur qui incite les chiots et les chatons à partir à la découverte du monde qui les entoure. C'est pour cela que le jeu entretien un lien étroit avec la curiosité qui poussent les
plus jeunes à la conquête de leur environnement.
1 Millar S.,
La psychologie du jeu. Payot. 2002.
2 Descamps D., Ethologie du jeu : la "relation zooludique entre l'enfant et le chien". Mémoire de Master2 mention éthnologie. Université René Descartes. 2006. Consultable à l'adresse :
http://delphine.descamps.free.fr/pdf/ETHOLOGIE%20DU%20JEU_Delphine_Descamps_Livre.pdf